Plus est en toi ! Action de grâce pour une confiance

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Si René n’a jamais prononcé cette phrase « Plus est en toi » en me parlant, j’ai pourtant la certitude qu’il l’a pensée tellement fort que je l’ai vécue ! C’est bien l’un des sentiments que je garde de nos très nombreuses années de collaboration, d’abord dans le cadre CERAN, ensuite dans celui de Balingua.

Arrivée comme « petite main » administrative (grâce à François, que je ne remercierai jamais assez !), je me suis sentie poussée à déployer mes capacités -dont bien souvent je n’étais pas consciente moi-même. Et si j’ai eu la chance extraordinaire de participer d’aussi près au développement national et international du CERAN, c’est bien parce que des ailes m’ont été données par la confiance que Monique et René m’ont témoignée.

Je rends grâce au Ciel pour cette confiance, ce travail passionnant, ces voyages et missions exceptionnels à plus d’un titre, cette amitié qui a traversé les années, les heures de discussion, la foi partagée, la découverte de tant de bons vins et de bons plats, les occasions de rencontrer des personnes extraordinaires.

Du Ciel, bienheureux désormais, René veille encore plus sur Monique (qui a elle-même tant veillé sur lui !), leurs enfants, petits-enfants, et leurs familles. Je suis sûre aussi qu’il veille sur les entreprises qu’il a fondées, et sur tous ceux qui cherchent à améliorer l’apprentissage des langues -car l’une des convictions de Monique et René est que celui qui parle avec son voisin et s’efforce d’apprendre la langue de l’autre est un artisan de paix.

Deo gratias! Merci, cher René, pour ces 37 ans d’amitié, et pour tout ce que tu m’as offert de vivre, de découvrir, d’entreprendre, d’apprendre !


Via ce lien, découvrez les messages que ses enfants et petits-enfants ont prononcés lors des funérailles au cimetière de Malmedy, le 14 mai 2020.


Message de Vincent Liévin, posté sur sa page Facebook, le 12 mai

Dire « Je n’ai pas le don des langues » est une absurdité ! »

René Bastin, le Fondateur du Ceran et de la méthode @Balingua est décédé.

En 1975, René Bastin, en compagnie de sa femme, Monique, a fondé le CERAN, cette école de langues unique en son genre. Située à Spa, elle a formé à l’espagnol, à l’anglais, à l’allemand, au néerlandais et au japonais, de très nombreux ministres, députés ou sénateurs belges, des diplomates belges et étrangers, des enfants, des adultes, des membres de la famille royale de Belgique… et des milliers de personnes qui auraient pu être vous ou moi. « Le CERAN… ce n’était pas seulement une école, ni une méthode, c’était aussi une façon de voir la vie ». René Bastin a consacré plus de 40 ans de sa vie à l’étude des langues, non pas pour figurer dans le livre des records comme le plus grand polyglotte, mais pour trouver une méthode qui permettrait au plus grand nombre d’apprendre à parler la langue de l’autre.

René Bastin le dira bien souvent lors de nos entretiens, il n’y a pas de « don des langues ». Il n’y a pas de « bosse ». « Il y a seulement un élève motivé, un professeur motivé et une bonne méthode. Et puis, du travail, du travail… beaucoup de travail ! » Enfin, en bout de vie professionnelle, alors que de nombreuses personnes prennent une retraite bien méritée, il évoquait l’aboutissement et l’accomplissement d’une nouvelle méthode de langue qui misait encore plus sur l’oral, Balingua. « Avec Balingua, tu peux apprendre à t’exprimer oralement, avec quelques séances pendant deux semaines et en travaillant personnellement entre les séances. Evidemment, tu feras des fautes, mais… tu auras une prononciation extraordinaire. Après, il te faudra apprendre du vocabulaire et, le cas échéant, la morphologie des mots (comme les conjugaisons en français, par exemple). » Parler une langue, c’est d’abord comprendre ce qui est dit. C’est le système auditif qui est concerné en premier lieu. Le nerf auditif conduit au cerveau. Nous sommes bien là au niveau du système neurologique.

Il m’a toujours dit « l’apprentissage simultané de la lecture et de la langue orale est une erreur regrettable qui engendre des dégâts majeurs notamment au niveau de l’expression orale. »

Dans ce monde, où chaque seconde compte et où le jeunisme est mis en exergue, toutes les personnes peuvent apporter une pierre. René Bastin a prouvé avec Balingua que « la recherche ne se fait pas qu’à 25 ans ! Elle doit parfois se reposer sur une vie complète pour, comme le vin, apporter ses meilleurs fruits. »


Hommage de Sonia Weishaupt, publié sur sa page Facebook, le 12 mai 2020

Ce dimanche 10 mai 2020, René Bastin, fondateur du Céran et créateur de la méthode Balingua s’est éteint. Les mots me manquent pour exprimer toute la gratitude que je ressens à son égard. Il y a 10 ans, j’ai fait la rencontre de ce linguiste exceptionnel.

Durant presque 3 années, René Bastin est venu régulièrement assister à des cours d’allemand dans ma classe à raison de deux fois par mois. René m’a apporté tellement.

Grâce à lui, j’ai appris à nouveau mon métier. Il s’est montré disponible et ouvert. Il m’a appris que le plus important n’était pas mon cours, mais bien les élèves que j’avais en face de moi.

Il m’a fait prendre conscience de l’intelligence remarquable de mes élèves. Il m’a donné mille et un conseils pour faire PARLER les élèves. Il m’a appris comment utiliser sa méthode neurolinguistique et intuitive : BALINGUA. Il m’a accueillie et soutenue, moi la petite prof d’allemand de l’école communale fondamentale de Malmedy-Centre.

Il a répondu à mes très nombreuses questions et s’est montré toujours très patient. Il m’a fait beaucoup rire aussi, car c’était un sacré pince sans rire ! Il m’a reçue un nombre incalculable de fois dans son bureau où nos conversations n’en finissaient pas.

Aujourd’hui, j’ai le cœur en peine car le vide qu’il laisse est immense. Il a changé ma vie. Merci René, je n’oublie pas la promesse que je vous ai faite.

Sonia❤️❤️❤️


La photo d’entête a été prise par Etienne B. le jour où ses parents ont fêté leurs 50 ans de mariage, en 2013.


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